Suzuki SV
650 "R"
dite Suzie

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Une
petite bombinette... peinturlurée.
Bien connues, répandues,
fiables, belles et peu coûteuses, les SV650 S/N étaient
selon moi un choix idéal comme première moto. Elles
ont su en effet dès leur sortie en 1999 faire chavirer
les cœurs de nombreux motards adeptes des Bandit (S),
Fazer, ZR7 (S), Mostro, et même parfois de pilotes de
bien plus grosses cylindrées.
Le permis en poche
je me suis d’abords intéressé à une SVS d’occasion,
puis mon regards s’est vite tourné vers la naked… ou
plutôt vers cette naked, que j’ai aussitôt achetée en
l’état, c'est-à-dire sérieusement équipée (ou plutôt
tunée). Petite revue de détail de la SUZUKI SV 650 "R"
; il s’agit en fait d’une petite série limitée produite
par West-Bikes (Coignières, 78). Le kit comprend
sur demande une peinture type GSXR
750 modèle 2000 (blanc/bleu/rouge)
avec jantes blanches, des écopes de radiateur, un sabot
moteur avec halogènes intégrés, un passage de roue Rocca
avec clignotant intégrés, des rétroviseurs de type F1
carbone, un pot Mig alu position haute, des tampons
pare carter téflons, un saut de vent Secdem teinté bleu,
une platine de liquide de frein avant en alu,… D’autres
options sont possibles (dosseret, coque monoplace, platine
repose pied aluminium taillée dans la masse…) mais je
n’ai opté par la suite que pour des protèges tube de
fourche, une jauge de température d’huile et ressorts
de fourche Öhlins…
Sérieusement revisitée,
du moins d’un point de vue esthétique, l’animal n’en
reste pas moins une petite SV 650.
La
fiche technique et les objectifs de Suzuki étaient
clairs dès le cahier des charges ; faire un petit roadster
bicylindre léger capable de concurrencer la Mostro sur
son terrain. A ce jeu, le constructeur Nippon a donc
opté pour un petit bicylindre 650cm3 (issu du 400cm3
utilisé sur la marché japonais uniquement) de 70cv enserré
(c’est bien le mot) dans un cadre tubulaire aluminium.
Celui-ci, cumulé à un look tout en rondeur et à une
selle à double étage font que la SV650 se reconnaît
de loin.
Avec cette peinture
de guerre issu de la gamme GSXR, les écopes, le sabot,
le passage de roue et le silencieux position haute,
le petit jouet est transfiguré : certes un poil plus
lourd, de petit roadster basique et commun, il apparaît
alors comme une bombinette agressive et joueuse.
Une fois en
selle, l'impression
de petit gabarit se confirme ; la hauteur de selle est
dans la moyenne (805mm), mais la selle est assez étroite,
ce qui permet d'avoir les pieds bien au sol (même pour
un pilote de relativement petite taille). Les cuisse
viennent bien enserrer le réservoir et le guidon large
offre une position de conduite naturelle, le buste à
peine penché vers l'avant et les jambes assez repliées.
Le poids plume permet aisément de jouer avec la moto.
Les commandes tombent bien sous la main et leur qualité
inspire confiance.
Contact, moteur…
Le bicylindre s'ébroue aussitôt sur un filet de gaz
(en prenant la peine de débrayer)... il monte dans les
tours et répond à la moindre sollicitation. La première
claque légèrement à froid, c’est d’ailleurs le seul
moment où la boite se fera entendre. Elle devient par
la suite un modèle de douceur et de précision, à tel
point qu’on se surprend parfois à avoir passé un rapport,
pensant avoir manqué le sélecteur. Le moteur est souple
et disponible ; il donne jusqu'à 5000 t/mn une sensation
de couple fort sympathique. De 5000 à 7000 tours, le
moteur continue de pousser de façon plus linéaire. Après
7000 tr/min, la cavalerie se déchaîne jusqu’à la zone
rouge à 10500tr/min. La sage balade sur le couple tourne
facilement au pilotage musclé. Attention toutefois au
frein moteur du twin (coup de gaz au rétrogradage indispensable
dans les tours) et à la maîtrise de l'embrayage dans
ce cas afin de ne pas le lâcher brutalement !
Si l’échappement
ronronne doucement avec le silencieux d’origine, équipé
ici d’un Mig aluminium position haute, il grogne, éructe
mêlant les harmoniques graves du bicylindre aux résonances
aigues et métalliques.
Sur la route,
la SV s’élance vigoureusement à chaque sollicitation
de la poignée de gaz. Le poids très faible (165 kg à
vide), le couple à bas régime, le faible encombrement
et l’extrême maniabilité de l’engin, avec un avant très
léger et un rayon de braquage court font le reste :
la SV est un régal en ville permettant de slalomer sans
difficultés entre les voitures. Malgré ce tempérament
joueur en ville, la SV se révèle précise et sûre en
toutes circonstances. C'est un rail et seules les suspensions
réglées trop souples d'origine peuvent montrer leurs
limites en utilisation sportive. Le freinage est à la
hauteur des possibilités de la moto. Il offre un bon
feeling, un mordant appréciable (certe pas à la hauteur
des étriers Yamaha) et est d'une efficacité satisfaisante
tout en restant dosable. Le frein arrière est en revanche
bien plus qu'un simple ralentisseur et il faudra prendre
garde à ne pas bloquer la roue arrière.
Sur départementales
la SV se donne donc à plein. La mise sur l'angle est
aisée, ludique, instinctive avec ce large guidon ; il
n’est nul besoin d’emmener la moto du genou ou de jouer
des appuis sur les cale-pied pour la mener là ou bon
vous semble. Le cadre lui, suit sans se désunir, même
en courbes rapides. La fourche en revanche trop molle
plonge exagérément au freinage et vient parfois taper
ses butées sur des nids de poules (ce qui est grandement
amélioré avec les ressorts de fourche Öhlins et de l’huile
de plus grande viscosité). Il n’y a donc guère que sur
revêtement très dégradé que l’ensemble manque un peu
de cohésion. Sur les enchaînements de courbes serrées
les pneumatiques d’origines (notamment quand ils sont
usés) tendent à accentuer l’effet joueur de la machine
et on pourra leur préférer en cette circonstance une
monte plus sportive (les Metzeler Mez4 étant de toute
façon très critiqués sur le SV car plus adaptés
aux lourdes GT).
Sur autoroute,
la protection quasi inexistante vous rappellera vite
la présence et la sensibilité de vos cervicales l’ajout
d’un saut de vent ne permettant que de repousser un
peu la limite au-delà de laquelle il faudra de toute
façon rendre la main.
Conclusion
La SV et son bicylindre
est une moto que l’on prend facilement en affection
: facile de prise en main, joueuse, saine pour la catégorie,
fiable et peu couteuse, son tempérament enjoué vaut
bien un quatre cylindres sur de nombreux registres,
et sur de nombreux terrains de jeux. Même avec une puissance
modeste, la « patate » qu’elle distille dès les bas
régimes, fait qu’on ne s’en lasse pas et elle procure
du plaisir instantané même à des pilotes ayant déjà
braucoup roulé. Et avec maintenant quatre années d'historique
sans problème, et une réputation de sobriété sans égale
en termes de consommables, elle constitue une valeur
sure.
Points
forts :