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Voxan Scrambler 1000

 

Après une période pour le moins troublée pour Voxan (difficultés financières, dépôt de bilan, rachat par un groupe aux ambitions douteuses...) revoici donc la marque de motos françaises (fabriquées à Issoire en Auvergne) sur le devant de la scène. Pas de nouveau modèle pour ce début d'année 2003, mais des modèles fiabilisés (deuxième gicleur d'huile sous les pistons, palier vilebrequin modifés, pompe à eau revue...) corrigeant les erreurs de jeunesse qu'ont pu parfois rencontrer les premiers millésimes (eux même susceptibles de recevoir un kit de fiabilisation à prix réduit).
Dans la gamme, toujours trois modèles donc ; le Café Racer, le Roadster et le Scrambler, seul modèle à avoir une motorisation différente (toujours le V-twin à 72° mais retravaillé en couple en en puissance grâce à l'adoption d'arbre à cames et d'un échappement différents).

Contact, démarreur, le V-twin s'ébroue sagement. Le bruit est assez discret et la sonorité de l'échappement assez aigue pour un bicylindre taillant un litre, mais pas désagréable. La selle est haute mais ses rebords carrés sont un peu inconfortable à l'arrêt. Les cale-pieds arrivent presque à l'aplomb de l'assise, ce qui pourra gêner les petits gabarits qui risquent d'avoir les mollets qui vont buter dedans à l'arrêt. Pour mon petit mètre soixante dix-sept, ça va, même si je me sens un peu petit en comparaison de mon Raptor très bas (775mm de hauteur de selle pour 820mm ici). Le guidon est large, près du corps et effectivement souple car monté sur silent-bloc. Les tubulures du magnifique échappement passent juste sous la cuisse droite qui vient s'appuyer sur la protection thermique à l'arrêt ; j'espère qu'elle est efficace.

Première et je m'engage tranquillement sur la nationale. La position haute permet de dominer visuellement la circulation. La moto semble légère (190kg à sec pourtant) et réactive, quoique le moteur cogne un peu creux à très bas régime. Le sélecteur de vitesse est très en avant du cale-pied et impose un déplacement du pied important, surtout pour monter les vitesses autrement qu'avec le bout des doigts de pied (pointure 42 pourtant). Le débattement de levier est court et la boite précise. Le cadre est étroit et les genoux s'insèrent bien sous le réservoir d'une jolie couleur mandarine, au niveau des poutres du cadre, ce qui permet de bien sentir la moto. La position droite fait que la moto est assez sensible aux appuis sur les cale-pied pour la mise sur l'angle qui devient alors aisée.
Le freinage est correct, puissant mais pas hyper mordant, la souplesse et le débattement de la fourche préférant de toute façon un freinage progressif (et un peu de frein sur l'arrière pour asseoir la moto) pour éviter tout transfert de masse intempestif..

Le tableau de bord est assez illisible au premier abord : les voyants (neutre, clignotants,...) ne sont que de simples minuscules diodes vertes que le soleil masque pratiquement par cette belle journée ensoleillée. Si le compte-tour ne présente rien de troublant mise à part l'absence de zone rouge, le compteur de vitesse, gradué en miles/heure à l'intérieur et en km/h à l'extérieur est un peu déconcertant, surtout avec l'impression de vitesse que donne la machine. A faible allure, on se croirait facilement 20 ou 30km/h plus vite. C'en est étonnant... et finalement pas désagréable vu le fleurissement des boites à images aux bords des routes !

Le moteur chauffe, on va pouvoir voir ce qu'il vaut. "Gaaaaz !!" Ca tracte fort ! Le moteur est très expressif dans une plage 4000/7000 puis ça s'étouffe légèrement pour couper vers 8500tr/min. Avec l'adoption d'arbres à cames spécifiques par rapports aux autres modèles, le Scrambler est en effet très axé sur le couple (plus de 11mkg !), plutôt que sur la puissance et les hauts régimes.
En dessous de 3000tr/min en revanche, inutile de vouloir jouer de la poignée, ça cogne sévèrement ! Bref, le V-twin est souple et élastique, mais sur une plage de régime un peu restreinte pour un moteur dégonflé en puissance mais pensé pour être (et effectivement) plus plein que les Roadster et Café Racer avec 85,3ch à 7500tr/mn et 11,1mkg à 6500tr/mn (au lieu de 100Cv à 9000tr/mn et 9,5mkg à 6500tr/mn).
La puissance est équivalente à celle d'une
Ducati Multistrada qui elle n'affiche "que" 8,5mkg. En revanche la Voxan affiche une souplesse, une élasticité, une onctuosité qui tranchent avec la brutalité du twin italien. Pour autant, il s'agit bien d'un bicylindre : la linéarité n'est pas au programme et une rotation de poignée s'ensuit immédiatement d'une virile accélération, même si l'à-coup démoniaque du V-twin italien n'y est pas.

Dans le comportement général aussi tout oppose ces deux motos que certains journaux ont voulu comparer ; le Scrambler est relativement mou de suspensions. Sa fourche plonge au freinage si bien que l'arrière remonte (prière pour les petits d'asseoir la moto au frein arrière si vous voulez poser les pieds au sol). Du coup, les bosses et irrégularités de la route sont avalées, englouties, confortablement amorties dans le grand débattement de suspensions là ou la Ducati vous secoue sévèrement. Les freins sont efficaces mais loin d'être sportifs car manquent de mordant. Les pneus d'origine d'ailleurs ne sont pas à la hauteur de prétentions sportives ; l'avant (monté en 19 pouces) crie assez vite grâce sous un freinage appuyé et l'arrière décroche légèrement sur un rétrogradage (un peu optimiste, j'avoue), malgré les presque 30°C ambiants et la dizaine de kilomètres de mise en chauffe.

A l'inverse, la Multistrada est ferme, rigide, nerveuse. Bref, rien à voir... oublions donc là la comparaison et retournons à nos moutons.

Ronds-points, échangeur d'autoroute, les quelques débuts de dérobade des pneumatiques m'incitent à la prudence. J'ai beau ouvrir dans le grand droite, je ne passe pas (ou n'ose pas passer) si fort qu'avec la Multistrada (encore elle ?)... Qu'importe, j'enroule (presque) tranquillement, emprunte (promis, je la rendrais) la voie de gauche à un petit 150km/h (Nicolas, si tu m'regardes...) ; le compte-tour s'arrête paisiblement sur 5800tr/min.
La
protection aérodynamique est vraiment inexistante et la position très droite du buste engendre une traction importante au niveau des épaules et du torse. Reculé au fond de la selle, c'est tout de suite mieux, d'autant que le renflement précédent la place passager maintien bien les fesses. Impossible en revanche de sentir alors la moto entre les cuisses et seuls les genoux sont calés contre les double poutres. La position du buste est plus sur l'avant et soulage le dos, le poitrail comme porté par l'appui du vent. Pour autant, la position, la souplesse de l'ensemble et l'absence de protection n'incite pas à une pointe de vitesse.

Petit coup de frein derrière une voiture qui déboîte. Tiens, elle redresse au freinage ? Nouvelle tentative volontaire cette fois de freinage sur l'angle (très modéré). Non, le comportement est vraiment sain quant à la trajectoire, rien à craindre de ce coté, mais c'est vrai que la fourche qui plonge et le guidon qui se tortille légèrement par rapport aux tés de fourche me surprend toujours. Le feeling de la route est en effet filtré, trop à mon goût et trop pour que je me sente en confiance pour attaquer sur ce billard qui mériterait un amortissement raide. Ce choix et les pneus mixtes s'explique par une volonté d'offrir à la moto des possibilités de off-road, qu'il me sera pas possible de tester en région parisienne.

Au lieu d'aller crapahuter, je m'en retourne donc vers le flot urbain pour quelques slaloms (très sages) entre les voitures, sous les yeux admiratifs de certains automobilistes ; c'est vrai que le petit logo Voxan sur ce fond orange vif et ces chromes a un certain charme.

 

Points forts :

  • look décalé
  • polyvalence relative ; confort, position de conduite,...
  • maniabilité
  • agrément moteur
  • possibilités de tout chemin (?)

Points faibles :

  • hauteur de selle (pour les moins d'1m70)
  • tubulure d'échappement coté droit... chaud !
  • capacité limitée du réservoir (14,5 litres)

 

Cf. la fiche technique.

 

L'essai du Voxan Scrambler par Didier sur le Repaire des motards

L'essai du Voxan Scrambler par Motoplanète

 

Mes Motos :

Ducati Monster 1000S
Cagiva Raptor 650

Suzuki SV 650 "R" mod. 2000

Mes essais moto :

Ducati Monster 620ie Dark
Honda CBR 600 RR

BMW R1100S

Buell XB12S Lightning

Voxan Scrambler
Ducati Multistrada
Ducati SS1000DS
Buell XB9R Firebolt
Suzuki GSXR 750 mod. 2001
Buell X1 White Lightning
Yamaha YZF R6 mod. 2002

Souvenirs de balades :

La Vosgienne des Bitumeurs
Stage de pilotage à Carole
Paques dans le Morvan
Vacances à moto

L'usine Voxan (Issoire)
Le Morvan 2003

Evènements :

Moto Légende 23/05/2004
Manif FFMC 14/04/2004
Moto Salon 2003
Trophées Gérard Jumeau 2003
Supermot' de Carole 2003

Liens / partenaires :

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Les Bitumeurs du Sud
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Le Repaire des motards
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