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Ducati Multistrada 1000 DS

 

 

Ducati Multistrada 1000 ; la mutante de la gamme Ducati. Ni un trail, ni un supermotard, ni une routière, encore moins une sportive. Un engin à la croisée des chemins. Mais à quoi peut-il bien servir ? Quel est son terrain de jeu favori ? Etrange, vous avez dit étrange...
En la détaillant de plus près en effet, on remarque (en vrac) qu'elle emprunte son bloc optique arrière et un lenticulaire avant à la sportive de la gamme, la 999, un mono-bras de type 916, une garde au sol particulièrement haute tout comme la selle, des cligno avant intégrés aux rétroviseurs, un cadre tubulaire acier bien dans la tradition Ducati, des pneus routiers ( Pirelli Scorpion), des amortisseurs de haute qualité (Showa complètement réglables avec précontrainte par molette pour l'arrière) et freinage à l'avenant, c'est à dire Brembo série or avec durite tressée acier...
Le moteur est lui, le tout nouveau 1000 DS (Dual Spark) équipant aussi la Mostro 1000 et le
SS 1000 (aussi essayé). Refroidi par air dans la tradition Ducati, enserré dans un cadre laissant entrevoir ses entrailles et respirant à travers une première patatoïde assez disgracieuse sous l'axe de bras oscillant, puis une seconde sous la selle passager, masqué par deux magnifiques enveloppes aluminium et inox formant les sorties d'échappement sous la selle. Waooow !!

 

En selle, la position est assez surprenante ; l'assise est haute, très haute avec près de 850mm de hauteur de selle. Mon mètre soixante dix-sept suffit tout juste pour poser les pieds bien à plat au sol. La selle est incurvée et ont y trouve naturellement sa place, tout contre le réservoir. Malgré son apparence moelleuse et confortable, elle s'annonce pourtant déjà particulière ferme.
Les commandes sont très proches du buste que l'on a bien droit. Les cale-pieds sont à la verticale de l'assise. La position surprend déjà à l'arrêt. On se croirait tout simplement debout plutôt que assis et basculé sur le guidon.

Contact avec la clé codée à anti-démarrage. Initialisation de l'injection dont l'écran à critaux liquides magnifiquement rétro éclairé en bleu ciel vous annnonce la couleur par la cylindrée de la bête "1000" avant de repasser sur les infos standard ; température d'eau, heure, vitesse, jauge de caburant, indicateur d'intervalle d'entretien, plus selon la sélection, la conso moyenne, la vitesse moyenne,... le tout surplombant l atraditionelle série de voyants (neutre, phare, clignotants, défaut injection, réserve et voyant de surchauffe). Le compte-tour reste lui analogique avec son gros cadran à fond blanc sans zone rouge.
Pas de starter (vive l'injection), petit coup de démarreur et le gros V-Twin 1000 s'ébroue dans une sonorité métallique... fort peu agréable, décevante même ! Les récentes normes anti-pollution et de bruit ont eu raison de la sonorité Ducati. La boite à air est ici muette, les échappements trop discrets, le "tching tching tching..." de l'embrayage à sec toujours présent mais grandement atténué. C'est la mécanique qu'on entend plutôt que la respiration du moteur, tandis qu'un 749s monoposto lui gronde, râle et renacle à mes cotés !

Qu'importe le bruit, en route ! Première, je sors donc du parking sur un filet de gaz pour planter les freins (sans vraiment le vouloir !) à l'entrée de la nationale. Waoow, quel mordant ! Personne à gauche, c'est parti.
La boite est douce et surtout précise.
Le moteur s'ébroue, cogne un peu sous les 3000tr/min puis tracte avec souplesse. La position de conduite s'avère de suite surprenante. On voit la route de très haut, surplombant même les conducteurs de monospaces. Le buste droit comme un i fait qu'on ressent vivement les accélérations au niveau des reins et du bas du dos. Le 1000cc qui tracte déjà fort sur le SS semble encore plus virulent (même avec un peu moins de couple toutefois disponible plus bas) de par cette position de conduite qui plutôt que de vous tracter par les bras vous met un véritable coup de pied au cul !
J'ai par contre les genous qui butent dans les flancs de carénages. Pour les insérrer efficacement dans les échancrures du réservoir, je dois me contraindre à me mettre sur la pointe de pieds. Peu agréable, tant pis pour les genous...

La moto ne semble pas si lourde (200kg en ordre de marche hors essence) malgré son apparence et son centre de gravité haut placé. Elle se balance finalement assez bien d'une voie à l'autre, la visibilité au dessus des voitures faisant que le slalom entre ces chicanes mobiles devient un jeu d'enfant, même si on est loin de la maniabilité d'un SV ou Raptor, on n'est clairement pas ici sur une sportive raide et rétive.
La température moteur commence à monter, je monte donc mes régimes un peu plus et décide d'essorer la poignée. La roue avant se lève allègrement en première et déleste au passage de la deuxième, impressionnant ! Du coup, j'arrive assez vite sur le feu suivant. Qu'à celà ne tienne, je connais les Brembo... enfin, ceux équipant la Raptor. Là c'est autre chose, comment dire... une puissance et un mordant dé-mo-nia-que !! Sans doute aussi bien (voire mieux) que les références de la catégories des hypersports (R1, R6, ZX6R...). Résultat, je pince et la roue arrière quitte aussitôt le bitume pour reposer en douceur, le débattement conséquent de la suspensions amortissant efficacement l'atterrissage. Hé hé, fun, non ?!?

Agile comme un gros roadster, turbulente comme une sportive, ludique comme un supermotard... ça s'annonce bien pour une routière, non ?

J'accélère donc le rythme et enquille les premiers rond-points façon super-mot (le buste droit, la moto couchée, le pied intérieur sorti, frôlant le sol), sans soucis. L'animal accepte apparement bien les prises d'angle et reste scotché au bitume. Direction, la route et les voies rapides pour voir ce que ça donne. Echangeur d'autoroute tortueux et parcemé de chicanes mobiles. Je plonge à la corden, la poignée soudée en butée. Rien ne bouge. Un rail. Les rapports montent un à un, le paysage défile, la protection reste excellente au delà des vitesses légales. Au delà du délit de grand excès de vitesse, il conviendra de se coucher... et là ça pose un peu problème ; la bulle (dont la partie supérieure tourne avec le guidon) est très reculée (ou plutôt c'est le pilote qui est très avancé) et pour se loger derrière, il convient de se mettre tout au fond de la selle. En soi, rien de bien génant... sauf quand il s'agit de sauter sur les freins à haute vitesse alors que vous êtes en limande sur la bête. A vitesse (très) soutenue le grand guidon n'est pas de trop pour emmener la moto d'une voie à l'autre, l'inertie de l'ensemble et la rigidité du cadre faisant qu'elle ne se laisse pas embarquer si facilement, mais la tenue de route qui en résulte est sécurisante et puis... les Brembo veuillent !

 

En résumé, et malgré mes à priori assez négatifs envers cette machine apparement hors norme, je dois avouer que je l'ai particulièrement apprécié : sa hauteur n'est pas pénalisante mais reposante (pour les jambes pas trop pliées et le buste droit) et sécurisante de par la vue panoramique qu'elle permet ; son coté trail cache en fait une rigidité et une rigueur de chassis exceptionnelle ; la protection est relativement bonne ; la capacité de chargement sans doute excellente (avec le kit valises) ; les performances et surtout les sensations qui en découlent incomparables dans cette catégorie des trails routiers, le confort en duo sans doute satisfaisant, sauf pour la température des fesses de votre passager(e).
Au final, elle combine la rigueur d'une sportive, le confort (selle ferme mise à part) d'un trail, le coté pratique d'une routière bien équipée, les performances caractérielles d'un twin made in Bologne, la vivacité et l'esprit joueur d'un gros supermotard, le tout badgé Ducati et avec un look qui ne fait certes pas l'unanimité, mais qui a au moins le mérite de ne ressembler à aucune autre machine sur le marché.

Pour tout vous dire, j'étais même accompagné d'un ami qui essayais lui une 749s... et j'ai préféré qu'on n'échange pas les motos pour continuer à jouer autant que possible avec celle-ci ! Mais ça me donnera un prétexte supplémentaire pour y retourner essayer une 749 ou 999...

 

Points forts :

  • coffre moteur ; couple, reprise, sensations
  • partie cycle rigoureuse
  • freinage avant très mordant et très puissant
  • look, caractère, image de marque Ducati
  • polyvalence ; confort, position de conduite,...

Points faibles :

  • échancrure du réservoir qui butent dans les genous
  • bruit moteur peu agréable pour une Ducati
  • protection aérodynamique perfectible
  • hauteur de selle, notamment passager pour descendre de moto
Mes Motos :

Ducati Monster 1000S
Cagiva Raptor 650

Suzuki SV 650 "R" mod. 2000

Mes essais moto :

Ducati Monster 620ie Dark
Honda CBR 600 RR

BMW R1100S

Buell XB12S Lightning

Voxan Scrambler
Ducati Multistrada
Ducati SS1000DS
Buell XB9R Firebolt
Suzuki GSXR 750 mod. 2001
Buell X1 White Lightning
Yamaha YZF R6 mod. 2002

Souvenirs de balades :

La Vosgienne des Bitumeurs
Stage de pilotage à Carole
Paques dans le Morvan
Vacances à moto

L'usine Voxan (Issoire)
Le Morvan 2003

Evènements :

Moto Légende 23/05/2004
Manif FFMC 14/04/2004
Moto Salon 2003
Trophées Gérard Jumeau 2003
Supermot' de Carole 2003

Liens / partenaires :

Moto-net.com ; l'info moto en ligne
Motorhino.com ; le site des Enculés De La Route
Les Bitumeurs du Sud
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Le Repaire des motards
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