The Prowler's home page

Honda CBR 600 RR

 

 

Rendez-vous était donné à 13h en vallée de Chevreuse pour une petite ballade au salon moto de Chartres, bon prétexte pour une petite sortie en groupe en fait... mais c’était sans compter le passage à l’heure d’été. Attendant donc les retardataires ayant oublié de régler leur réveil, on s’élance donc dans une petite boucle autour de Dampierre en Yvelines. Petits virolos de mise en jambe, partie technique puis grandes courbes sur l’angle nous ont suffit avec Antoine pour mettre quelques centaines de mètres aux moins véloces de la petite troupe ; Antoine me propose donc aimablement d’aller les rechercher avec son 600RR !!! Loin de me faire prier, j’enfourche la bête avec entrain.

Dans sa robe rouge feu, le pot surmonté d'un feu arrière à diodes affleurant sous la selle, le profil affiné de RCV211 ; elle en jette !

La
selle est relativement haute (820mm) et les bracelets étonnamment très proches de l’assise, si bien que plutôt qu’en lourd appui sur les poignets (comme sur une Suzuki GSXR ou une Ducati SS), le buste est à peine sur l’avant et la pression sur le guidon très mesurée pour une hypersport du moins. On est comme assis sur le bloc moteur, à proximité du guidon qui vous tombe sous la main, qui bien que bas placé n'est pas à aller chercher loin devant.
Le tableau de bord semble complet (montre, deux trips, une jauge à essence...) mais c'est surtout cet énorme compte tour analogique surmontant un écran à cristaux liquides qui retiens mon attention avec sa zone rouge à 15 000tr/min
Les cale-pieds sont si étroits qu’on se croirait sur la taille de guêpe d’un bicylindre italien. Demi-tour (tiens, ça braque plutôt bien aussi) et je fonce (très sagement) à l’attaque de la route digne d’une course de côte qui s’offre à moi.
Première sensation ; on a tout simplement l’impression de tenir l’axe de roue avant entre les mains plutôt qu’un guidon !! Les épaules presque au dessus du T de fourche, l’avant semble en effet très léger à la mise sur l’angle bien que rivé au sol. A rythme raisonnable, inutile de jouer des appuis sur les cale-pieds, de tirer le réservoir à soi avec le genou extérieur, d’accentuer le contre-braquage, une simple et légère pression sur le bracelet intérieur et la RR file à la corde, comme posée sur un rail, imperturbable. C’est d’une facilité déconcertante, à mettre entre toutes les mains presque.

Le moteur n’est pas en reste non plus côté facilité : il enroule sagement dans les bas régimes avec un doux feulement et une souplesse princière. L’onctuosité du bloc fait merveille et les enchaînements de virolos se font aisément sur un filet de gaz et dans un quasi silence apaisant jusqu’à la sortie du dernier virage où une petite ligne droite permet enfin d’aller titiller la zone rouge. Deuxième, troisièèèèèèèèèèèèèème... ça ne semble jamais s’arrêter. L’aiguille du compte-tours grimpe, grimpe, grimpe toujours partant à l’assaut des 15.000 tr/min de la zone rouge dans un feulement qui se mue peu à peu en un hurlement strident... mais il y a déjà quelques centaines de mètres que j’ai croisé le reste du convoi et il serait temps de faire demi-tour les retrouver.

« Dis, tu me la laisses encore un peu ta RR, Antoine ?? »

Au jeu des chaises musicales, Antoine se retrouve avec la BMW de Benoît qui prends ma Raptor et nous filons vers Chartres. Les séries de virolos en pleine forêt puis longues courbes entre Chevreuse et Rambouillet se prêtent parfaitement l’essai et il n’est pas nécessaire de nous le redemander à deux fois ; Benoît s’échappe avec ma Raptor que je rattrape bien vite, usant pour ça de la deuxième partie du compte-tours.

La RR, souple et douce jusqu’à 6~7.000tr/min, commence alors à devenir expressive, jusqu’à 9~10.000tr/min où elle se met à franchement donner de la voix, devenant plus brutale à la remise des gaz, occasionnant un (trop léger mais) appréciable coup de pied au cul, même s’il intervient à des vitesses déjà plus qu’illégales... Catapulté dans les régimes à 5 chiffres les 106cv (légaux), nécessiteraient une portion d’autoroute allemande... de la D906 ! Sans être sèche comme l’ancienne Yamaha R6 ou complètement décoiffante comme sur une Suzuki GSXR750 ou un quatre cylindre 1000cm3 sportif quelconque, la puissance est ici parfaitement dosable, maîtrisable car très linéaire, le bloc moteur égrenant ses chevaux les uns après les autres, sans une débauche soudaine de couple et de rage. La roue avant ne tend donc pas à délester naturellement et on profite d’autant mieux de cette sensation de guider un missile sol-sol du bout du doigt sur ses trajectoires tendues et goulûment avalées.
A rythme plus soutenu, la moto s'avère toujours facile et saine et l'impression de grande agilité à basse vitesse se mue en une appréciable stabilité qui incite assez vite à aller chercher les hauts régimes.
Le freinage est de toute façon là pour rattraper un trop plein optimisme, les pinces 4 pistons se montrant fort efficaces et encore une fois dosables. Le mordant n’est pas phénoménal pour une sportive (en comparaison des Yamaha ou Ducati par exemple) mais il est sans aucun doute suffisant et adapté en usage routier. Le frein arrière est vue la répartition des masses est digne d’un habituel ralentisseur / stabilisateur de trajectoire en courbe et si la poignée droite semble spongieuse, c’est simplement que la pression de freinage s’applique sur une longue course du piston plutôt que sur une pression du bout des doigts, mais en aucun cas le frein avant ne semble débordé par les 169kg (à vide) à arrêter. Une sévère pression sur le levier de droite engendre aussi sec un franc transfert de masse, une petite glissade du bassin vers le réservoir la selle étant en pente et une remontée parasite des irrégularités de la route dans les poignets. Il n’y a d’ailleurs guère que sur route bosselée que la suspension se face ressentir, faute à la géométrie et à cette position très sur l’avant sans doute.

Homogène, évidente tant au niveau de la partie cycle que du moteur, facile à vivre car pas si excessive en terme de position de conduite, la CBR 600 RR se veut finalement être une bonne « routière ». Vive, agile et pourtant stable et presque confortable, la plus radicale des 600 CBR n’en concède pas moins un caractère très typé Honda, parfaitement linéaire et vivable en usage standard... tout en étant fougueuse, efficace et très alerte en usage plus sportif.

 

PS ; Merci Antoine !

 

Points forts :

  • comportement moteur à (très) haut régime
  • facilité, linéarité, souplesse moteur
  • partie cycle facile et saine
  • freinage puissant et dosable
  • performances
    relatif confort pour une hypersport

Points faibles :

  • couple à bas régime
  • permis à points !
Mes Motos :

Ducati Monster 1000S
Cagiva Raptor 650

Suzuki SV 650 "R" mod. 2000

Mes essais moto :

Ducati Monster 620ie Dark
Honda CBR 600 RR
BMW R1100S

Buell XB12S Lightning

Voxan Scrambler
Ducati Multistrada
Ducati SS1000DS
Buell XB9R Firebolt
Suzuki GSXR 750 mod. 2001
Buell X1 White Lightning
Yamaha YZF R6 mod. 2002

Souvenirs de balades :

La Vosgienne des Bitumeurs
Stage de pilotage à Carole
Paques dans le Morvan
Vacances à moto

L'usine Voxan (Issoire)
Le Morvan 2003

Evènements :

Moto Légende 23/05/2004
Manif FFMC 14/04/2004
Moto Salon 2003
Trophées Gérard Jumeau 2003
Supermot' de Carole 2003

Liens / partenaires :

Moto-net.com ; l'info moto en ligne
Motorhino.com ; le site des Enculés De La Route
Les Bitumeurs du Sud
; heureux les bitumeurs toujours de bonne humeur
Le Repaire des motards
; info, fora, actualité